La mer de Seto en toile de fond

Jour 1

On débarque à Marugame après un voyage tranquille. On visite le petit musée MIMOCA qui propose quelques jolies peintures et une exposition temporaire sur la fresque murale Freedom qui orne la gare de Ueno à Tokyo. Tout le travail autour de la récente rénovation de la fresque est détaillé ici. On déjeune sur le tard, et on récupère une voiture. On part vers l’Ouest et la plage de Chichibugahama. Sur la route, on voit en contrebas le sanctuaire de Tsushima et on décide d’y faire une pause. Le sanctuaire est fermé mais le lieu est charmant, et peu fréquenté pour le coup.

La plage de Chichibugahama est un spot photo assez connu apparemment. Au grès des marées, l’eau se retire et reste piégée dans de petites bassines, formant autant de miroirs presque parfaits. Les promeneurs et les photographes sont nombreux. Côté ciel on a de la chance : la grisaille de la journée s’estompe et ne restent que quelques nuages pour agrémenter le paysage.

Peu après le coucher de soleil, on remonte en voiture et on conduit vers l’hôtel. Le trajet est plus long que prévu, si bien qu’on ne peut pas dîner à l’hôtel. Pas grave, on trouve un restaurant de ramen sur la route. L’hôtel est perché sur les hauteurs de Sakaide et on arrive de nuit après une section de route tortueuse.

Jour 2

On commence par visiter le temple Negoro, numéro 82 sur la liste des temples du pèlerinage de Shikoku. On croise d’ailleurs quelques pèlerins portant les attributs traditionnels (veste blanche, chapeau conique, etc). Le cadre est verdoyant et l’ambiance est très reposante.

On descend ensuite sur Takamatsu pour voir le joli jardin Ritsurin. Il est assez vaste et s’organise autour de plusieurs mares et canals. Il commence à faire chaud et on apprécie les passages ombragés. Près du jardin, on mange des udons faits-main. C’est la spécialité locale et le petit restaurant ne désemplit pas, même après 15h.

En rentrant, on s’arrête par le temple Shiromine, numéro 81. Quelques pèlerins là-aussi, ainsi qu’un petit pavillon pour chaque animal du zodiaque chinois.

Jour 3

On repart vers Takamatsu mais on se gare près au port cette fois. On a prévu de prendre un bateau vers Naoshima, mais le guichet de la compagnie est fermé : pas de navette aujourd’hui. On se rabat sur Ogishima, une île plus petite que l’on devrait avoir le temps de parcourir malgré ce contre-temps. En attendant le départ, on fait une pause gourmande dans un café alentours.

Le petit village sur Ogishima est pittoresque avec ses rues étroites. Il est adossé à une colline, et la mer est toujours à portée de vue entre deux maisons. On passe par le sanctuaire de Toyotama-hime puis on marche vers le phare de la pointe Nord de l’île. On fait un dernier tour dans le dédale des rues et on embarque sur le bateau du retour.

Comme on a encore un peu de temps, on emprunte l’ascenseur de la Symbol Tower qui nous envoie directement à l’observatoire du 29ème étage : vue imprenable sur le port et la ville. On quitte Takamatsu et on profite du coucher de soleil depuis le belvédère de la sculpture Matakimai, qui domine la baie côté Ouest.

Jour 4

Direction le port de Takamatsu, puis embarquement pour Naoshima. On arrive au port de Honmura, sur la côte Est de l’île. On se balade dans les rues calmes et on visite quelques lieux atypiques. Naoshima est tournée vers l’art et de nombreux artistes y exposent. Il y a aussi de quelques musées dans une grande zone piétonne au Sud de l’île. C’est notamment là-bas qu’on trouve la fameuse courge jaune posée sur un ponton. On la voit peu après la descente du bus.

On marche le long de la côte et on visite le Chichu Art Museum, pas très accueillant : tarif onéreux, photos interdites, pas d’accès au café avant l’heure de visite, attente devant le portail pour le contrôle des billets. À l’intérieur il y a une poignée de peintures de Monnet et deux installations d’artistes moins connus, mais l’intérêt principal est dans l’architecture du bâtiment. On a l’impression d’être dans un univers de science-fiction : formes rectilignes, matériaux bruts (béton, verre, bois dans une moindre mesure) et ouvertures au plafond laissant pénétrer la lumière du jour. Il y a aussi les surveillants des différentes salles qui sont intégralement vêtus de blanc, comme s’ils contrôlaient une expérience perchée… et un brin pompeuse.

Après quoi on rejoint à pied le port de Miyanoura, côté Ouest, et la deuxième courge de l’île. On rentre avec le ferry 1h plus tard. Coucher de soleil depuis l’hôtel.

Jour 5

On va d’abord visiter le Higashiyama Kaii Setouchi Art Museum. Le bâtiment a été conçu par le même architecte qui a fait le MIMOCA (et le musée national de Kyoto au passage), la boucle est bouclée. Depuis le parc attenant on peut voir le pont Minami Bisan-Seto sous un autre angle.

On roule ensuite vers Kotohira et son sanctuaire Kompirasan. C’est le principal sanctuaire de plusieurs sanctuaires Kompira présents à travers le Japon, dédiés aux marins et à la navigation. À partir des rues commerçantes de la ville, le chemin d’accès est un long escalier de quelques 800 marches. Peu à peu, les restaurants et les magasins laissent place aux arbres et aux pavillons. L’un d’entre eux, le sanctuaire Asahi, impressionne par sa taille. Le pavillon principal se trouve sur une grande terrasse qui offre un beau panorama de la plaine. Sa situation et son style rappellent naturellement le Kumano Nachi Taisha (cf Kumano Sanzan). On emprunte les escaliers en sens inverse, puis on s’installe dans un restaurant de udon pour un repas bien mérité.

On retourne à Marugame pour laisser la voiture et prendre le train du retour.

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