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Kohechi

Kohechi est l’une des 3 voies de pèlerinage de Kumano Kodo. C’est la plus montagneuse des 3, et relie Koyasan à Hongu Taisha. Cf :https://www.tb-kumano.jp/fr/kumano-kodo/kohechi/

J’ai passé la nuit à l’hôtel Nosegawa, perdu dans les montagnes Kii. L’accueil était chaleureux et il y avait tout pour les randonneurs : les bains bien sûr, le service de transfert depuis Koyasan, le service de dépose au départ du chemin, l’option pique-nique, etc… très pratique. Les bains ne devaient pas être interdits aux personnes tatouées car tout le monde en avait un ou presque ! Il y en avait un avec un tatouage qui lui couvrait tout le dos. Vu le style du tattoo, je pense que c’était un Yakuza… je ne lui ai pas demandé confirmation.

Jour 1

+740 m / -1090 m / 15 km

La navette me dépose vers 8 h à l’arrêt de bus d’Omata. Un autre résident de l’hôtel fait le trajet avec moi, mais je pars devant après avoir rapidement regardé la carte. On se croisera quelquefois lors de pauses. La montée est d’abord raide puis s’assagit après l’abris de Kaya-goya-ato. Le chemin est régulier et facile : terre meuble la plupart du temps, tapis de feuilles ou calade pour le reste.

Je ne m’arrête pas longtemps au col Obako-toge, le vent souffle et il fait froid. Je m’engage dans la descente, facile elle aussi. Le soleil est toujours caché, d’abord par les nuages, puis par la montagne. La dernière portion est sur le versant ouest. C’est plus lumineux et aussi plus raide mais ce n’est pas très long.

Coin pique-nique

Arrivé dans la vallée je fais un tour de Miuraguchi et j’attends le bus où j’ai reservé une place. Il n’y a que deux petits hotels ici, et ils étaient complets quand je cherchais un hébergement. J’ai donc réservé à l’hôtel Katayama à Totsukawa (c’est à 3/4 h de route). Une voiture arrive et s’arrête. Le chauffeur demande un certain Tim… certainement le collègue de l’hôtel Nosegawa. Une seconde voiture s’arrête quelques minutes plus tard. Cette fois c’est moi que le chauffeur demande ! Je suis surpris. Apparemment je suis le seul ayant réservé un transport aujourd’hui, donc la compagnie a envoyé une voiture plutôt que le van. Je discute avec le chauffeur pendant le trajet.

Arrivé à l’hôtel Katayama, je m’installe puis je file aux bains. Ce sont quasiment des bains extérieurs : toutes les portes et fenêtres sont ouvertes en grand, même dans la pièce où l’on se change. Il faut avoir froid avant d’avoir chaud. Je mange ensuite un dîner copieux.

Jour 2

+815 m / -1050 m / 20 km

Comme je dois reprendre la navette à 7 h 25, je n’ai pas le temps de prendre le petit déjeuner de l’hôtel. Je mange quelques amendes et noix avec du thé chaud dans ma chambre, puis je descends récupérer mon pique nique et je retourne a l’arrêt de bus. Quelques minutes après, un autre taxi de la même compagnie que la veille me fait monter et me ramène à Miuraguchi vers 8 h.

Le chemin traverse le jardin d’une maison et s’enfonce dans une forêt de conifères. C’est régulier et bien praticable. À l’approche du col Miura-toge, le soleil perce la canopée par endroits, et quelques feuillus font leur apparition.

Je déjeune au col. Il n’est que 11 h mais j’ai faim. Je ne m’attarde pas, le froid arrive vite et j’ai les doigts qui s’engourdissent. La descente est aussi en sous bois, et aussi agréable que la montée, bien qu’un peu longue (7 km). En bas, je passe quelques habitations, deux portions bitumées, puis je quitte définitivement le chemin de terre. Le tracé suit maintenant la route en fond de vallée.

Miuraguchi au fond de la vallée

Miura-togeJe fais une pause à la seule épicerie du coin. Il n’y a pas beaucoup de choix, ni de produits frais… je prends un bout de jambon et un pain aux haricots. Autant le pain fourré est acceptable, autant le jambon a un goût rebutant de mauvais pâté. Comme quoi la faim ne rend pas tout délicieux.

L’épicerie est juste avant le distributeur

La déception

Je repars sur la route. Je suis surpris par la proportion de maisons abandonnées. Les rares qui sont encore habitées le sont par des personnes âgées qui s’affairent à leur jardin potager. Bientôt il n’y aura plus personne ici.

Après avoir dépassé l’hôtel Subaru, je quitte la Kohechi et continue sur la route principale jusqu’à Totsukawa Onsen, à 2 km. De là, je prends un bus vers 15 h 40 qui me ramène à l’hôtel Katayama. Bain chauds, dîner et repos.

Jour 3

J’avais prévu de rejoindre Hongu Taisha par le dernier tronçon de Kohechi, mais j’ai fait une erreur lors de la préparation du voyage et je dois changer mes plans. Je voulais partir tôt, arriver à Hongu Taisha en milieu d’après-midi et rentrer à Kyoto dans la foulée. Hors le départ de la randonnée est à Totsukawa Onsen, et l’hôtel Katayama est à Totsukawa – tout court. La mairie est ici par exemple. Il y a des onsen aussi. Mais ce n’est pas ce qu’on appelle Totsukawa Onsen. Il y a bien un bus qui relie les deux lieux, mais il ne part qu’à 8 h et il dépose à 2 km du départ, ce qui me ferait partir trop tard. Tant pis pour la randonnée donc. Je prends le bus mais je vais directement à Hongu Taisha.

La rue de l’hôtel Katayama

Il est 9 h 30 quand j’arrive en haut de l’escalier menant au sanctuaire. Il n’y a pas grand monde, c’est agréable. J’ai le temps de bien profiter du lieu, et de me souvenir de ma précédente visite.

Je redescends et je promène entre la rivière et l’immense Torii. Je mange un bol de ramen un peu après midi, et je fais une balade digestive autour du sanctuaire. Je rentre à Kyoto par un long voyage en bus &amp ; trains (~5 h 30).

Je suis content d’avoir pu faire un bout de la voie Kohechi. Il n’a pas plu et le physique a bien suivi (peu technique mais assez sportif). J’ai bien profité du chemin et du calme de la campagne environnante. L’isolement des différents lieux est apaisant, mais il a un prix : la difficulté de la planification. Il y a peu d’informations sur internet concernant les transports, il faut appeler ou demander sur place. Les fréquences de passage sont très faible, donc il faut bien calculer en amont et regarder la montre. En ce qui concerne les hôtels, tous ne proposent pas la réservation en ligne, certains n’ayant pas de site internet du tout. Et enfin il faut faire attention au nom des lieux, mais ça c’est vrai partout !

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